Fragments de mémoire II

Jargeau (Loiret), 1960

De mes souvenirs d'enfance, il y avait ces films dont mon grand-père prenait grand soin, et qu'il passait beaucoup de temps à monter. Les soirées où il montait l'écran dans le salon, installait son projecteur sont des moments chers à notre cœur. Le cliquetis de l'appareil, les images muettes ou l'on découvrait, redécouvrait des images de mes grands-parents jeunes, de ma mère et mes oncles petits sont nos madeleines à nous. 

A cette époque, où ces images étaient accessibles, j'avais l'impression de voir d'autres gens, des gens que je ne connaissais pas. Aujourd'hui j'ai une lecture différente de ces moments. Beaucoup nous ont quitté. Les cameras ne filment plus, le projecteur ne projette plus. Et voir revivre ma famille à travers ces images est devenu un projet. 

J'ai récupéré une partie de ces appareils. Je suis certaine que certains fonctionnent encore, même si la technologie a évolué et qu'il est beaucoup plus pratique désormais d'utiliser des appareils plus modernes. Il n'en demeure pas moins que j'ai choisi un Nikon ZFC pour son look retro. Nostalgie quand tu nous tiens...

Mon arrière grand-père, que je n'ai pas connu, déjà filmait avec sa petite camera le service militaire de mon grand-père en Afrique, les scènes de la vie quotidienne, les événements familiaux... Il me reste peu de ces films qui ont dû être conservés par des oncles et tantes. 

Lorsque j'a récupéré de vieilles photos et une partie des appareils, j'ai trouvé cette image de lui, filmant à l'arrière de sa pâtisserie, ma mère âgée de 2 ou trois ans. J'ai tout de suite imaginé cette composition. Tout faisait écho.
 


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